vendredi, mai 29, 2020

Le Grand Malaise

Si on n’en avait pas assez des interminables statistiques, des masques, de la distanciation, des décontaminants et gels désinfectants de tous acabits, sans compter les menaces qui nous guettent si on déroge à la longue liste des nouveaux impératifs sociaux, il faut pourtant ajouter un autre malaise qui, lui, n’est pas près de s’évaporer. Il ne vient ni d’en haut ni de quelque autorité: il est né spontanément de nos propres tripes, un héritage de notre ‘petite nature’ à la fois résiliente et, hélas, bien fragile.

Comme si on n’en avait pas assez de se préoccuper de tous nos avenirs, de ceux de nos enfants et de nos petits-enfants, de la qualité de vie qui nous attend, pour le meilleur et pour le pire. Ce pire, pour quelque raison, s’étant déjà taillé une place de choix parmi les réalités de notre nouveau monde:  dépression, anxiété (chez les adolescents en particulier), fragilité et insécurité financières, pathologies routinières exacerbées par la seule menace du Virus, sans compter son effet réel sur les personnes qui en sont atteintes.

J’ai donc nommé: la Nostalgie, celle d’une ère et d’un mode de vie qui appartiennent désormais au passé. Telle un virus, elle va nous coller à la peau et à l’âme jusqu’à ce que les humains n’aient plus souvenir de la vie avant les masques, avant la peur et les pandémies dont, pourtant, la grande tribu humaine est l’unique responsable.

La bonne nouvelle - oui, il y en a une - c’est que ce Malaise n’affectera pas ces chers enfants qui naîtront dans une vingtaine ou même une dizaine d’années. Sans compter qu’ils bénéficieront sans doute d’un vaccin nouvelle génération à toute épreuve. Ainsi, de toutes ces calamités comme du Grand Malaise, eux seront peut-être épargnés.

C’est du moins la grâce qu’on leur souhaite.

vendredi, mai 15, 2020

Verdure, quand tu nous tiens!

Il m’arrive d’être portée sur les détails - qualité souvent fâcheuse, s’il en est - du moins l’étais-je dans cette autre vie d’il n’y a pas si longtemps.

Cela dit, je constate que ma vision du monde évolue au rythme lent, mais indéniable, généré par mon confinement. Par exemple, mon regard sur mon environnement et ses transformations saisonnières tous azimuts.

Mes promenades en solitaire me forcent à mieux regarder et sentir mon entourage : sans doute banal aux yeux de plusieurs, mais combien enviable à ceux de milliers d’autres forcés de vivre dans un univers de béton, de poussière et de désolation.

Ainsi depuis quelques jours, je me surprends à scruter avec une obstination quasi scientifique les minuscules têtes de bourgeons de la petite haie qui borde mon patio. Voilà plusieurs années que je la vois sans la voir, elle fait partie de mon décor. Mais voici que maintenant elle me parle, m’invite à la suivre dans son processus de verte éclosion qui la mènera jusqu’aux jours lumineux et enchanteurs de l’été.

Détail? Sans doute, et je devine que cette prise de conscience ne va pas s’arrêter là. Peut-être, telle une enfant, apprendrai-je à m’émerveiller devant les mille et un prodiges de ma nature environnante, bien au-delà de mon patio.

J’aurai décidément de quoi alimenter mon nouveau souci du détail pour de longs mois encore.

Qu’on se le dise: le confinement n’a pas que des inconvénients!





jeudi, mai 07, 2020

Mona

Ça fait que y a encore plain de bonne personne qui continusse de mourir. Pis avec ça, des changements pi encore des changement!

Là, y parait qui va y avoir plein de plastique partout. Des murs, des tuniques, des zip lok, pi quoi encore. J’ai vu une photo d’un nouveau buro de dentiste. C’est malade! Ben vite, on se verra pu, va falloir se deviner!

Pis j’me demande si y on oublié l’environnemen avec toute ça. As-tu une idée de toute le plastik qui va s’en aller on sait pas où? 

Déjà que le changement, j’aime pas trop ça... Sa me stresse, cé pas bon pour ma santé... je vien toute kroche en dedan. Quelke chose me dit que je va aboutir chez mon docteur dans pa lontemps.

Si j’ai pa le virus bibite, c’est super, mais si j’abouti avec une autre sorte de maladie, c’est pas mieu.

Ça fait que je di plein de prière. J’ai déjà essayé pis ça marchai pas mais pour asteure, je connais pas d’autre moyen. On sait jamais.



Il était une fois...

Il était une fois un grand Seigneur nommé Satan qui régnait sur l’Empire du Mal. Habituellement ravi devant ses réalisations néfastes et per...